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Le Ministre de l’économie fait le point sur les comptes publiques de l’État

30/11/2018

Le ministre a précisé que, même si les RIL sont des éléments importants de la crédibilité extérieure du pays, elles ne doivent pas être considérées comme des réserves du Trésor
Les réserves internationales nettes (RIL) de l'Angola ont diminué de 7,3 milliards de dollars en un an, passant de 20,8 milliards USD à 13,5 milliards USD entre décembre 2016 et décembre 2017.


Ces réserves s'élèvent actuellement à 11,6 milliards de dollars, ce qui représente une diminution de 1,9 milliard de dollars depuis le début de cette année, selon le ministre d'État chargé du Développement économique et social, Manuel Nunes Júnior, qui parlait en conférence de presse pour présenter le bilan économique du troisième trimestre.

Le ministre a précisé que, même si les RIL sont des éléments importants de la crédibilité extérieure du pays, elles ne doivent pas être considérées comme des réserves du Trésor, car elles ne sont pas utilisées pour couvrir les dépenses courantes de l'État, telles que le paiement des salaires de la fonction publique, entre autres dépenses similaires.


Manuel Nunes Júnior a souligné que le compte unique du Trésor en devise étrangère était passé de 15,86 milliards usd en 2013 à 6,98 milliards USD en 2017, soit une réduction de 8,88 milliards USD. Entre 2013 et 2017, les recettes totales du Trésor ont fortement diminué, réduction qui n'a pas été accompagnée d'une réduction proportionnelle des dépenses. Cette situation de baisse des revenus a entraîné des déficits budgétaires systématiques, financés par l'endettement interne et externe. À titre d'exemple, le ministre a déclaré qu'il y avait un déficit de 3,7% du PIB en 2016 et un déficit de 6,3% en 2017.

Avec des déficits systématiques, le pays a vu ses niveaux d’endettement augmenter, la dette publique étant passée de moins de 30% du PIB en 2013 à environ 79% du PIB en 2017. Pour inverser la croissance de la dette, l'Exécutif a approuvé en janvier 2018 le Programme de stabilisation macroéconomique, un instrument contenant des mesures budgétaires visant à réduire le déficit budgétaire de 6,3% en 2017 à 0,4% en 2018. À l'horizon 2019, un supplétif de 1,5% est prévu.


En ce qui concerne le marché monétaire et de change, le ministre a précisé qu'entre 2013 et 2016, le Kwanza s'était fortement déprécié en termes nominaux, tant sur le marché formel que sur le marché informel. Sur le marché formel, la monnaie nationale a atteint une dépréciation cumulée de 70% et sur le marché informel, la dépréciation était de 185% en 2016. Compte tenu de la situation de crise, il a indiqué qu'en 2016, les autorités monétaires et de change du pays avaient procédé à un ajustement du taux de change, la valeur du kwanza étant passée d'environ 104 kwanzas / dollar en janvier 2015 à environ 165 kwanzas / dollar en 2016. À la suite de ces ajustements, il a expliqué que le taux d'inflation en 2016 était de 42%, le plus élevé des 14 dernières années.


Il a rappelé qu'en avril 2017, le taux de change avait de nouveau été fixé par voie administrative et que le mécanisme de vente directe avait été mis en place, sur la base des listes soumises par les départements ministériels, qui sélectionnaient les opérateurs et les montants à vendre à la Banque centrale. Selon le ministre, ce mécanisme de vente s'est traduit par l'accumulation de nombreux arriérés de paiement d'opérations de change ordonnées par des agents privés et par la désarticulation du marché de change.

Avec le taux de change administratif, le marché a également enregistré le différentiel de taux de change élevé entre les marchés formel et informel, qui a atteint 150%. Pour les opérateurs économiques qui n’avaient pas accès au mécanisme des changes directs, le marché informel devenait la seule source d’accès aux devises et servait également de référence pour la formation des prix, avec des effets négatifs sur les niveaux de confiance dans l’économie et dans les affaires. Compte tenu des effets négatifs causés par le change administratif dans le cadre du programme de stabilisation macroéconomique, le Gouvernement a abandonné le régime de taux de change fixe par rapport au dollar.

En raison du taux de change flottant adopté, de janvier à septembre 2018, la monnaie nationale, le kwanza, s'est dépréciée de 43,6%. L'écart entre les taux de change formels et informels a sensiblement diminué, passant de 150% en décembre 2017 à environ 23 en septembre 2018. Contrairement à 2016, lorsque l'ajustement a entraîné une inflation annuelle de 42%, avec les mesures d'assouplissement adoptées à présent, le niveau général des prix a tendance à baisser et, pour cette année, l'inflation devrait être inférieure à 19% pour cent, le plus bas des trois dernières années. Selon les prévisions, l'inflation attendue devrait être d'environ 15% d'ici 2019, mais l'objectif de l'Exécutif est d'atteindre jusqu’à fin du mandat un taux d’un chiffre.

Il a souligné que ces résultats importants étaient obtenus à des coûts relativement bas en termes de niveaux des réserves internationales nettes du pays.